Comment faire face à la fatigue informationnelle

Galilée Zoa

La question ne se pose plus : le monde de l’infotainment (information et entertainment) est devenu un fast-food. Un Tchop et Yamo géant où on s’abreuve de jus de Djarra, de buckets de wing et de plats de BHB sans discontinuer.

Un Camerounais moyen est soumis à des centaines de stimuli par jour lorsqu’il s’agit de notifications. Un vrai raz de marée qui affecte négativement l’humeur et la productivité. Surtout lorsqu’on est entrepreneur.

Le fil d’actualité infini de Facebook, les notifications WhatsApp de nos amis, des collègues et de la famille ; les e-mails du Boss ou des partenaires, les gros titres sur toutes les chaînes de télé, bref, nous souffrons tous d’infobésité.

 

Fatigue informationnelle - Brain Booster Coworking Yaoundé

Un mal insidieux

En attendant qu’une étude ne soit menée au Cameroun, regardons du côté de l’Hexagone. En France, les chiffres sont formels. Face à une saturation de l’info, plus de 53 % des Français disent souffrir de fatigue informationnelle, dont 38 % – plus d’un tiers – en souffrent « beaucoup ». Notamment les plus jeunes et les plus connectés. (Source: étude de l’ObSoCo, la Fondation Jean-Jaurès et Arte)

Cette infobésité empêche toute « métabolisation » de l’info et provoque un stress chez celui qui la consomme. On enchaîne donc les repas informationnels sans digérer, ce qui met notre organisme à rude épreuve.

Ce mal insidieux ne date pas de l’arrivée des réseaux sociaux ou de la télévision.

Dans les années 1980, le philosophe Edgar Morin en cernait déjà l’essence, dans son œuvre Pour sortir du XXe siècle. « L’excès étouffe l’information quand nous sommes soumis au déferlement ininterrompu d’événements sur lesquels on ne peut méditer parce qu’ils sont aussitôt chassés par d’autres événements. Ainsi, au lieu de voir, de percevoir les contours, les arêtes de ce qu’apportent les phénomènes, nous sommes aveuglés par un nuage informationnel », analysait l’intellectuel.

En tant qu’entrepreneur, cadre ou manager, on a besoin de rester au maximum de notre productivité. Mais comment faire face à cette fatigue informationnelle ?

Essayez le « deep work » et choisissez vos moments de consommation de l’information.

Le Deep Work ou le dernier rempart de la performance

Lorsqu’on a sur sa To-Do List du matin d’importantes tâches, avec des délais serrés, l’overdose d’informations peut rapidement nous submerger et nous conduire à procrastiner. 

Et la procrastination, on le sait tous, est le talon d’Achille de tous les entrepreneurs — Mais oui, rappelez-vous de ce document que vous devez envoyer depuis 2 mois !

Pour pouvoir rester concentré et performant, il faudra vous séparer de votre meilleur ami (ou ennemi) : votre smartphone.

Vous pouvez simplement le mettre en mode avion et le laisser dans une pièce autre que celle dans laquelle vous travaillez.

Vous pouvez aussi, si vous êtes disciplinés, activer le mode “Ne Pas Déranger”, ce qui aura pour but de mettre sous silencieux toutes les notifications, tout en restant joignable.

En enlevant cette source de distraction, et toutes les autres, vous pouvez entrer en état de Deep Work. Il s’agit d’une séance de travail profonde, qui correspond à votre cycle optimum de productivité.

Il peut s’agir de deux blocs de temps de 60 minutes chacun, séparés d’une pause de 15 minutes, d’un bloc de 90 minutes non-stop, ou encore de 3 blocs de 30 minutes séparés d’une pause de 5 minutes chacun.

L’objectif, c’est de progresser sur une tâche importante jusqu’à la fin du chronomètre. Plusieurs applications permettant de travailler selon cette technique du Pomodoro existent pour ordinateurs et téléphones.

Rester maître de son temps

 

Fatigue informationnelle - Brain Booster Coworking Yaoundé

Le Journal Télévisé reste un moment privilégié pour certaines personnes. Et pourtant, cette manière synchrone de s’informer ne présente absolument aucun avantage pour un entrepreneur qui souhaite rester performant.

Il faut donc choisir soi-même ses moments clés pour s’informer. Tout comme on choisit ceux pour se divertir.

D’autant plus que l’information diffusée dans les médias, ou les contenus divertissants dont nous sommes bombardés par des applications qui se disputent notre attention, n’a aucun caractère urgent. 

L’expression Breaking News n’a en 2022 aucun sens pour un entrepreneur (à moins que vous ne fassiez de la politique, et encore).

Le mieux est ainsi de désactiver les notifications de toutes les applications, et de ne les consulter que de manière volontaire, pendant 5 minutes, après un cycle de travail (de 90 minutes par exemple).

Ce sont ces petites habitudes saines, qui une fois automatisées, pourront au final faire une grande différence. Et si vous avez besoin de comprendre comment construire de bonnes habitudes et vous débarasser des mauvaises, ne manquez pas notre article sur Atomic Habits.

Petit conseil : Laisser WhatsApp ouvert sur son ordinateur n’est pas une bonne idée !

Résister à la tentation de sortir son téléphone toutes les 5 minutes est un désormais un exploit herculéen. Mais c’est là l’un des premiers bastions de la maîtrise de soi qu’il faudra regagner en tant qu’entrepreneur.

En définitive

En France, certains psys traitent aujourd’hui des patients souffrants du « trouble de stress lié aux gros titres », preuve que les médias ont un impact négatif sur notre bien-être.

Et cet impact n’est rien, comparé aux effets pervers d’une addiction aux réseaux sociaux. TikTok en premier, Twitter, Instagram ou Facebook aussi, ont tous sur leurs utilisateurs, de part de la quantité et la qualité des informations y diffusées, des conséquences qui peuvent être graves.

De nombreuses recherches en ont fait état. (Ici et là aussi)

Ce n’est pas un mythe lorsqu’on dit que la durée d’attention moyenne n’excède plus celle d’un poisson rouge. Plusieurs sources s’accordent à dire qu’elle est de 8 secondes.

Ce n’est même pas le temps nécessaire pour écrire le titre de cet article ou pour qu’une pièce jointe charge dans un e-mail avec la connexion de YooMee.

La concentration (le focus) est en 2022 une vraie compétence, et qui va se raréfier encore plus. Alors, vous, quel est votre secret pour rester productif face à ce déferlement de notifications ?

PS : Durée de rédaction de cet article : 51 minutes.

Nombre de fois où le téléphone a été touché^ : 1 fois (pour décrocher un appel de la famille, Ah la famille africaine !) Zéro notification. Merci le mode Ne Pas Déranger.

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Galilée Zoa
Je suis Galilée Zoa - Ninja, créateur de contenus persuasifs.
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